Sur les ailes des oiseaux

« En Asie, lorsque l’on fait un vœu,

 

on libère un oiseau. Un matin, dans un marché au Vietnam, j’ai découvert des dizaines de cages ouvertes à tous vents. Les oiseaux étaient libres d’aller et venir. Quelques années plus tard, s’est imposé à moi le thème des cages et des oiseaux, le thème de la liberté.

Liberté d’expression, liberté d’information. En lien avec mon premier métier : le journalisme. En Chine, l’artiste Ai Weiwei a été plusieurs années maintenu en semi-liberté, alors que ses expositions font le tour du monde et qu’une pétition a circulé en France sous le titre « L’art est dangereux » .

En Chine, en Birmanie, en Corée du Nord, au Vietnam, on ne compte plus les intellectuels, les journalistes et les blogueurs emprisonnés…. Mais aussi en Syrie, en Lybie, en Erythrée, à Cuba, au Soudan, en Arabie Saoudite, au Yemen, en Iran…

Betty Clavel
2011/2013

 

L’art est dangereux (huile sur toile et bois, 87×80 cm)

Ai Weiwei et ses pairs (huile sur toile ,81×100 cm)

L’épervier frondeur (huile sur toile, 80×80 cm)

Mao et les moineaux (huile sur toile, 80×80 cm)

La force fragile (technique mixte, 80×80 cm)

Mes cabanes : l’attente (huile sur toile, 80×80 cm)

Mes cabanes : l’appel (huile sur toile, 80×80 cm)

Mes cabanes : l’envol (huile sur toile, 80×80 cm)

Mes cabanes, mes oiseaux (huile sur toile, triptyque 40×120 cm)

Les hirondelles de Lola (technique mixte sur toile sans châssis, 100×160 cm)

Le loriot japonais (huile sur toile, diptyque 60×150 cm)

La cage abandonnée (huile sur toile, 55×46 cm)

Le pluvier doré (huile sur toile, 55×46 cm)

L’adieu (huile sur toile, 55×46 cm)

Mon amour, ma vie (huile sur toile, 55×46 cm)

Les oeufs de Canton (huile sur toile, 55×46 cm)

Princesse au nid (huile sur toile, 55×46 cm)

Les bergeronnettes (huile sur toile, 55×46 cm)

Les perruches boudeuses (huile sur toile, 55×46 cm)

Sur les ailes des oiseaux, j’écris ton nom…

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J’écris ton nom

Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom
J’écris ton nom

 
 
 

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître

Pour te nommer

Liberté.

de Paul éluard

in Poésies et vérités 1942
Ed. de Minuit, 1945