Saint-Etienne, vue de loin

Le textile, le passé, 20×20 cm, rubans et attaches collées sur papier marouflé sur carton, encadré

La nature, le présent, 17×17 cm, collage de papiers déchirés et de pièces de puzzle, marouflé sur bois, 20×20 cm

La culture , le futur, 20×20 cm, gravure, calque, brou de noix, papier déchiré, tarlatane ou gaze, mica, marouflé sur médium, 30×30 cm

« Travailler sur Saint-Etienne,

une chance pour moi qui ai mis de la distance avec ma ville de naissance et la vois d’un œil neuf. Vision sans doute un peu simpliste que la mienne : passé, présent et futur.

Le passé est lié au textile : mon grand-père était passementier, mon père vendait du fil et des métiers et ma mère était très élégante. Ils ne sont plus là et le textile a déserté la ville. Ce que j’ai traduit en collage de rubans sur un fond d’envol d’oiseaux.

Le présent est tourné vers la nature, la ville étant composée de sept collines et nichée entre le parc du Pilat et la plaine du Forez. J’ai travaillé en papier déchiré et rajouté des pièces de puzzle. Du collage toujours. Pour chaque œuvre, sept pièces de puzzle sur un fond de couleur correspondant aux saisons.

Le futur de la ville, c’est, à mes yeux, la culture avec le Musée d’art moderne, la Cité du design, la Comédie, le développement des galeries d’art. Ainsi aussi que le nombre important des artistes et associations liées à l’art qu’héberge la ville. Traité sur un fond de gravure avec ou non un rajout de papier transparent teinté au brou de noix, quelques mots en papier déchiré, de la tarlatane ou de la gaze et un peu de mica. Voici la ville au passé minier et pauvre qui rebondit et s’ouvre à un avenir enrichi par la culture.

Trois grands formats accompagnent ces petites œuvres. L’ un axé sur le passé, le présent et le futur de la ville, traité en peinture à l’huile, en gris, noir, jaune et… vert pour l’espoir. D’autres penseraient football. Un autre en papier déchiré sur le thème de la ville traversée par la Grand’rue et marquée de couleurs chaudes pour les pôles culturels.

Dernière œuvre de grand format ; acrylique tout en largeur, elle s’apparente pour moi à la chaine et la trame d’un métier qui produisait des étoffes fleuries et riches en couleurs. Intégrées au tableau, quelques lisses viennent rappeler le passé du lieu de l’exposition.

Autres travaux sur Saint-Etienne : les clés du passé. Des dentelles de ma grand-mère, des clés collectionnées par mon oncle, des cadres longuement chinés, un cahier d’écriture de 1918, la porte aux rêves… Enfin, quelques marque-pages où voisinent fils, dentelles, rubans et gravures.

  Betty Clavel